Par JK
La deuxième édition du forum de l’étudiant entrepreneur, une initiative portée par l’honorable Benatar Chilufya Mathilde, présidente de la commission prévoyance sociale, entrepreneuriat, emplois et salaires, a réuni ce vendredi 27 mars des étudiants, des jeunes diplômés, des professionnels ainsi que d’acteurs publics et privés autour des thématiques liées à l’entrepreneuriat, à l’innovation et à la lutte contre le chômage.
Parmi les moments forts de cette rencontre, l’intervention du directeur provincial de l’éducation nationale du Haut-Katanga 1, le professeur Joseph Mwinkeu Tshiend, a particulièrement marqué les esprits par son franc-parler et sa vision réformatrice.
Intervenant au quatrième panel consacré à l’innovation et à l’accompagnement de la jeunesse, le professeur Mwinkeu a débuté son allocution par une mise au point nécessaire, en s’adressant aux jeunes qui ne jurent que par les fonctions de ministre ou de député.
« Être ministre ou député n’est pas un métier. C’est une fonction politique et une responsabilité publique temporaire », a-t-il martelé.
Pour le proved, l’ambition doit s’adosser à une expertise prouvée. Il a encouragé les étudiants à rêver de devenir utiles à la société en acquérant des compétences spécifiques capables de répondre aux besoins du marché, plutôt que de viser la politique comme une fin en soi.
Au cours de son exposé sur le système éducatif congolais, le patron de l’administration scolaire en province a mis en lumière la situation d’intégration pratique, l’une des réformes majeures portées par le ministère de l’éducation nationale et nouvelle citoyenneté.
S’inscrivant dans l’approche par compétences, la SIP marque une rupture définitive avec l’enseignement du « par cœur » hérité de l’époque coloniale. Le professeur Mwinkeu a détaillé les bénéfices de ce changement de paradigme.
Il a parlé du passage du savoir au savoir-agir, en expliquant que l’élève n’est plus simplement évalué sur sa capacité à réciter des définitions, mais sur sa capacité à mobiliser ses acquis (mathématiques, français, civisme) pour résoudre des problèmes complexes et réels.
Parlant de la lutte contre le chômage intellectuel, il a soutenu qu’en favorisant l’autonomie et l’esprit d’initiative, la SIP prépare l’apprenant aux réalités du marché du travail dès l’école. En outre, il a souligné que cette méthode forge des citoyens capables de transformer leur environnement par l’action.
Il a également insisté sur l’urgence d’une orientation scolaire pragmatique. Face aux enjeux de développement de la province du Haut-Katanga, il a exhorté les participants à privilégier les filières techniques, piliers essentiels de l’économie nationale.
Ce forum ne s’est pas limité aux discours. Dans une ambiance d’émulation, plusieurs jeunes entrepreneurs ont présenté leurs projets devant l’assistance. Preuve de la pertinence de l’événement, certains d’entre eux ont obtenu des financements immédiats pour lancer ou booster leurs activités.
